Danse en couple née dans les faubourgs de Buenos Aires et de Montevideo à la fin du XIXe siècle, le tango est introduit dans les salons parisiens à la veille de la Première Guerre mondiale. Il bénéficie alors d'une intense campagne médiatique : les "Thés-tango" se multiplient dans les hôtels et restaurants élégants, des produits commerciaux (parfums, pourdres, corsets) adoptent le nom "tango", etc. En 1913 éclate une polémique morale et religieuse qui aboutit à l'intervention à l'Académie française de l'écrivain Jean Richepin - auteur d'une pièce de théatre intitulée Le Tango, présentée à la même année au Théatre de l'Athénée - pour défendre cette danse.

Malgré les condamnations des milieux conservateurs, le tango est rapidement adopté par le milieu artistique et mondain de la capitale, séduit par son aura de transgession sociale et sexuelle. Dans l'entre-deux guerres, il obtient un succès considérable dans les dancings où se multiplient les orchestres spécialisés, qui jouent souvent en alternance avec des orchestres de jazz ou danses cubaines. Le dancing El Garron, rue Fontaine, qui accueille des orchestres de tango célèbres, comme celui de l'Argentin Manuel Pizarro ou du Français Francisco Alongi, est alors considéré comme "le temple du tango à Paris". Dans cette même période, des chorégraphes modernes, tels Kurt Jooss, Aino Siimola, Michio Ito ou Georges Pomiès et Lisa Duncan, s'emparent du tango, tant pour sa frme inédite (l'enlacement, les jeux de jambres...) que pour les motifs auxquels il est associé dans les imaginaires (sensualité, passion, jalousie...).

Le tango connait une longue période de purgatoire, pendant laquelle il evient la danse rétro par excellence. Il fait à nouveau parler de lui dans les années 1980, après avoir fait un détour par la scène.le renouveau du tango dut "argentin" est en effet étroitement lié à des productions comme Tango Argentino (1983), qui triomphe à Paris puis à Broadway et relance l'attrait pour cette danse sous une forme très spectaculaire. A partir de là, les spectacles présentant les mythes et les stéréotypes du tango dansé (tango entre hommes, prostituées dans les bordels de Buenos Aires, banditisme, machisme, etc). se pultiplient. Bien qu'elles exploitent la veine la plus spectaculaire de cette dans (corps renversés, jambes des danseurs entremêlées...), ces productions sont à l'origine du regain tu tango de bal, plus intime et moins démonstratif, en France et ailleurs dans le monde.

Depuis les années 1990 et son renouveau au bal, dans les soirées spécialisées que l'on appelle "milonga", le tango inspire à nouveau les chorégraphes et les danseurs contemporains. Paradoxelement, les chorgraphes qui enprintent au tango - souvent des femmes, telles Catherine Berbessou, Michèle Rust ou Nadine Beaulieu - s'intéressent moins à sa forme, à ses figures, à son caractère spectaculaire, qu'à sa dimension intime. A travers les subtilités du guidage et de l'improvisation, qui impliquent une écoute très fine entre les partenaires, le tango permet en effet d'explorer la relation et la communication au sein du couple dansant.

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